Bien vieillir en habitat participatif : une alternative à l'EHPAD ?

Ils ont entre 64 et 79 ans et viennent d'emménager à Trévolution (Trévoux) ou aux Bobines (Villeurbanne). Aucun ne cherchait une résidence pour seniors. Tous cherchaient à vieillir autrement : chez eux, mais pas seuls.

« Avant l’EHPAD, quand je serai vieille »

Claudine, 64 ans, découpait depuis longtemps des articles sur l’habitat participatif. « Je m’étais dit : ça sera plus tard, avant l’EHPAD, quand je serai vieille. » Une réunion publique à Trévoux a avancé le calendrier. Aujourd’hui, elle parle d’une étape charnière : « Tu te prépares à vieillir, et tu vas vieillir là. Tu peux vieillir parce que t’es entourée. »

Mamilène, 75 ans, va plus loin : « À mon âge, l’EHPAD, il s’éloigne. »

L’isolement, ce qui les a décidés

Alain, 79 ans, a élevé cinq enfants dans une maison de la banlieue lyonnaise. Au fil des ans, les voisins sont partis et l’entraide a disparu. « Je reste tout seul là, je ne connais plus personne. Il fallait que je trouve autre chose. »

Mamilène garde un souvenir précis du confinement, seule dans son appartement : personne n’est venu frapper à sa porte pour lui proposer de faire ses courses. À Trévolution, c’est l’inverse : le deuxième soir, un voisin l’a appelée depuis la terrasse pour l’apéro.

Une attention au quotidien, pas un service de soins

Vivre en habitat participatif ne remplace ni la famille, ni les soignants. Mamilène le dit avec justesse : « Sans dire que ce sont les Trévolutionnaires qui s’occuperont de nous, au moins, autour de nous, on a de la bienveillance et de l’attention. »

Cette attention passe par de petites choses : un voisin bricoleur sollicité « deux ou trois fois par jour » (Alain), une porte ouverte pour dire qu’on est disponible, un message sur le groupe WhatsApp quand on a besoin d’un coup de main.

Un logement pensé pour durer

Dès la conception, le groupe de Trévolution a pensé au vieillissement : l’un des deux bâtiments a un ascenseur pour accueillir des personnes moins mobiles. Les logements sont neufs, lumineux, bien isolés. 

Les espaces partagés permettent aussi de réduire la surface de son logement. Moins de mètres carrés à entretenir, sans renoncer à recevoir ses petits-enfants : la chambre d’amis commune est là pour ça.

Moins de charge mentale

Pour Claudine, passer de propriétaire à locataire de la coopérative a tout changé : « Ça m’apporte de la sérénité, beaucoup moins de charge mentale, et une sécurité. C’était ce que je recherchais. » Plus de toiture à surveiller seule : la coopérative et le collectif s’en chargent.

Pas une résidence seniors : un lieu pour toutes les générations

Trévolution et Les Bobines accueillent aussi des familles avec de jeunes enfants. C’est ce mélange qui fait la richesse du lieu. Pete, 74 ans, le résume ainsi : il apprécie de « connaître l’ensemble des habitants de l’immeuble, d’échanger des services et des outils », tout en gardant sa part de solitude. Lire aussi : Habitat participatif pour les jeunes et les jeunes familles.

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