Habitat participatif : 10 questions à se poser avant de se lancer

Vous avez tapé « habitat participatif » dans un moteur de recherche et vous vous posez mille questions ? Vous n’êtes pas seul. C’est d’ailleurs comme ça qu’Alain, 79 ans, a trouvé son logement à Trévolution : « J’ai tapé habitat participatif sur Internet, j’ai regardé tout ce qu’il y avait en France. » Voici les dix questions qu’on nous pose le plus souvent.

1. L’habitat participatif, c’est quoi exactement ?

C’est une démarche dans laquelle des habitants s’associent pour concevoir, puis gérer ensemble leurs logements et des espaces partagés. La loi ALUR de 2014 l’a inscrite dans le Code de la construction et de l’habitation. Mamilène, habitante de Trévolution à Trévoux, le résume en une formule : « Habiter tous ensemble, chacun chez soi. »

2. Je serai propriétaire ou locataire ?

Ça dépend du montage. Chez Habitat & Partage, les immeubles appartiennent à la coopérative, donc collectivement à ses plus de 300 sociétaires. Les habitants sont à la fois locataires de leur logement et sociétaires de la coopérative. Ils décident ensemble de la vie de leur lieu, sans porter seuls les soucis d’un propriétaire. Lire aussi : Coopérative d’habitation : ni propriétaire, ni simple locataire.

3. Est-ce que c’est moins cher ?

Souvent, oui. Habitat & Partage vise des loyers 20 à 30 % sous le marché. Comment ? Pas de marge sur les projets, des prêts très longs (40 à 50 ans) et de l’engagement bénévole.

4. Faut-il un apport ?

Oui, mais pas forcément d’un coup. Pour obtenir des prêts immobiliers sur le long terme, la coopérative doit apporter environ 20 % du prix de chaque logement en fonds propres. Chez Habitat & Partage, chaque habitant apporte ces 20 % sous forme de capital, en parts sociales de la coopérative.

Deux possibilités : verser cette somme dès l’entrée, ou la constituer progressivement, chaque mois, en même temps que le loyer. Pour rendre cet échelonnement possible, Habitat & Partage mobilise des investisseurs institutionnels et solidaires qui avancent les fonds le temps nécessaire.

Cet apport n’est pas perdu : il est remboursé à l’habitant s’il quitte le projet, dans les conditions prévues par les statuts. Comme toute part de coopérative, sa valeur dépend de la bonne santé financière de la coopérative, un risque limité dans un patrimoine immobilier géré sur le long terme.

5. Combien de temps faut-il pour voir le projet sortir de terre ?

Plusieurs années. Aux Bobines (Villeurbanne) comme à Trévolution, il s’est écoulé environ six ans entre la première réunion publique de 2019 et l’emménagement en 2026. On peut aussi rejoindre un projet en cours de route : Alain est arrivé deux ans avant la livraison de Trévolution.

6. Qui peut y vivre ?

Tout le monde : familles, couples, personnes seules, jeunes ou retraités. Certains logements sont réservés aux ménages sous plafonds de ressources (logement social PLS), d’autres sont en loyer libre.

7. Et mon intimité ?

Chacun a son logement complet, avec sa cuisine et sa salle de bains. Le reste se partage : buanderie, chambre d’amis, salle commune, local vélo. Pete, habitant des Bobines, apprécie cet équilibre : « On n’est pas obligé d’être tout le temps ensemble, mais c’est très agréable d’en avoir la possibilité. »

8. Faut-il devenir ami avec tout le monde ?

Non. « Le but, ce n’est pas que mes cohabitants remplacent mes amis ou ma famille », explique Claudine, de Trévolution. On partage un projet, des règles de vie et des coups de main. Les affinités viennent ensuite, à leur rythme.

9. Et si je veux partir un jour ?

C’est simple : vous en faites la demande. Habitat & Partage vous rembourse alors le capital que vous détenez, pour que vous puissiez retrouver un autre logement dans de bonnes conditions. Comme pour toute part de coopérative, sa valeur de remboursement dépend de la santé financière de la coopérative : un risque limité, puisque celle-ci gère un patrimoine immobilier sur le long terme.

Votre logement ne reste pas vide pour autant. Chaque habitat participatif tient une liste d’attente de foyers intéressés. Quand un logement se libère, c’est le collectif d’habitants qui valide l’arrivée du nouveau foyer.

10. Comment rejoindre un projet ?

Le plus souvent, par une réunion publique ou une rencontre avec un groupe qui recrute. Plusieurs groupes cherchent leurs futurs habitants dans la métropole lyonnaise et alentour.

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