Coopérative d’habitation : ni propriétaire, ni simple locataire
En France, on oppose souvent deux façons de se loger : acheter ou louer. La coopérative d’habitation propose une troisième voie. Chez Habitat & Partage, les habitants sont locataires de leur logement et copropriétaires, ensemble, de la coopérative qui possède les immeubles. Explications.
Une propriété collective, pas individuelle
Habitat & Partage est une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Elle construit ou achète des immeubles, puis les gère avec leurs habitants. Ces immeubles appartiennent à la coopérative, donc à ses plus de 300 sociétaires : habitants, mais aussi particuliers, structures et partenaires qui soutiennent le projet.
Benjamin Pont, fondateur et directeur général, parle de « bien commun » : « Nous, les 300 sociétaires, on est propriétaires collectivement d’immeubles, de logements, d’espaces communs, de jardins. Et ensemble, on est responsables de ce bien commun. »
Aucun logement n’est revendu avec une plus-value : c’est ce qui permet de garder des loyers accessibles dans la durée.
Locataire… mais pas comme ailleurs
Sur le papier, les habitants signent un bail. Dans les faits, ils ont participé à tout : choix de l’architecte, plans des logements, suivi du chantier. « Quand on va chercher une location, on rentre dans l’appartement et on prend ça comme ça, observe Mamilène. Là, on a eu quand même un petit peu la main, et ça, c’est génial. »
Après l’emménagement, le groupe continue de décider ensemble de l’usage des espaces communs et des règles de vie. Il peut aussi s’impliquer dans la coopérative elle-même : Pete (Les Bobines) et Claudine (Trévolution) en sont aujourd’hui les coprésidents.
Moins de charge mentale qu’un propriétaire
C’est l’avantage que peu de gens attendent. Claudine a vécu trente ans dans un appartement dont elle était propriétaire. Devenir locataire de la coopérative lui a « enlevé un poids énorme » : « Il y a de l’eau qui coule ? On est plusieurs, on est une structure. Quand j’avais la charge de tout surveiller, je n’en pouvais plus. »
Les gros travaux, l’entretien du bâtiment et les garanties de construction sont portés par la coopérative, avec l’appui de son équipe salariée.
Ce qu’on laisse de côté
Le modèle a une contrepartie claire : on ne se constitue pas de patrimoine immobilier personnel. Pour certains, c’est un frein. Mamilène se souvient d’un futur habitant qui a quitté le projet parce qu’il « n’allait rien laisser à ses enfants ». Pour d’autres, c’est justement le sens du projet : un logement qui reste abordable pour les suivants.
Une voie encore rare en France
Dans plusieurs pays européens, le logement coopératif est une voie courante. À Zurich, par exemple, environ un logement sur cinq appartient à une coopérative d’habitation. En France, il reste marginal. « L’idée, c’est que les citoyens puissent se dire demain : j’ai envie de vivre en habitat participatif, voilà les solutions qui me sont proposées, sans mener un parcours du combattant pendant dix ans », explique Benjamin Pont.
Pour aller plus loin : découvrez notre coopérative d’habitation, nos habitats et les projets en cours. Vous pouvez aussi soutenir le modèle en devenant sociétaire. Lire aussi : Habitat participatif : 10 questions à se poser avant de se lancer.
