Les Bobines et Trévolution : la vie en habitat participatif racontée par ses habitants
Ce printemps, Habitat & Partage a franchi une étape importante : ses deux premiers habitats participatifs, Les Bobines à Villeurbanne et Trévolution à Trévoux, accueillent désormais leurs habitants. Coups de main entre voisins, apéros improvisés, vélos cargos partagés : quelques mois après l'emménagement, ils nous racontent leur quotidien et l'engagement de chacun qui fait vivre ces deux lieux.
Deux habitats, une même coopérative
Les Bobines comptent 19 logements, au cœur d'un nouveau quartier de Villeurbanne, en bordure d'un grand parc. Trévolution réunit 23 logements répartis dans deux petits immeubles qui se font face, dans l'écoquartier des Orfèvres à Trévoux. Le projet est né d'une initiative de la ville, qui avait réuni de futurs habitants dès 2019.
Les deux habitats sont gérés par Habitat & Partage, une coopérative d'habitation. Les immeubles lui appartiennent, et donc collectivement à ses plus de 300 sociétaires. Les habitants sont à la fois locataires de leur logement et sociétaires de la coopérative. Ce modèle, sans spéculation, permet de proposer des loyers inférieurs au marché. Il n'enlève rien à la participation : les habitants ont imaginé leur immeuble avec les architectes et décident ensemble de la vie de leur lieu.


Trévolution (Trévoux) & Les Bobines (Villeurbanne)
Pourquoi ils se sont lancés
Mamilène avait vécu dans un lotissement de 23 maisons, avec 23 tondeuses. « Je trouvais ça dommage de ne pas mutualiser. » Alain avait vu la vie de voisinage s'éteindre peu à peu dans son quartier : « Chacun chez soi, je ne connaissais plus personne. Il fallait que je trouve autre chose. » Quant à Claudine, l'idée la travaillait depuis longtemps. Le jour où une réunion publique a été annoncée à Trévoux, elle n'a pas hésité : « Je me suis dit, c'est un signe, il faut que tu y ailles. »
Chacun chez soi, mais pas tout seul
« Habiter tous ensemble, chacun chez soi » : c'est la formule de Mamilène, et elle résume bien les deux projets. Les logements sont un peu plus compacts parce qu'on partage le reste : buanderies, chambres d'amis, salle commune, local vélo, coin enfants, bientôt un atelier. Claudine a d'ailleurs transformé son T3 en T2 : « Pas besoin d'une deuxième chambre, on a une chambre d'amis commune. »
Au quotidien, tout passe par les coursives et par le groupe WhatsApp. Un jour, on cherche qui a oublié de lancer sa machine à la buanderie. Le lendemain, quelqu'un demande qui peut garder un enfant une heure. « Ce sont des choses très simples, raconte Alain, et l'entraide se fait comme ça, spontanément. » Aux Bobines, le local vélo déborde de vélos cargos, et à Trévolution, le cargo partagé a déjà ses adeptes : « On y met deux enfants ou toutes ses courses ! »
Pete apprécie surtout la liberté que donne cette organisation : « On n'est pas obligé d'être tout le temps ensemble, mais c'est très agréable d'en avoir la possibilité. » Claudine se souvient d'un apéro improvisé un soir de beau temps sur la terrasse : « Chacun est arrivé avec une bouteille, personne n'était obligé de rester. Je me suis dit : je suis au bon endroit, au bon moment. »

Soirée pergola à Trévolution (Trévoux)
Un projet porté par les habitants
Rien de tout cela n'existerait sans l'énergie des habitants. Pendant six ans, ils ont choisi leur architecte, dessiné leurs logements et suivi le chantier. Aux Bobines, ils ont même repeint les murs eux-mêmes lors de chantiers participatifs. « Peindre ensemble, manger ensemble pendant ces journées, c'était l'aboutissement du projet », se souvient Pete.
Depuis l'emménagement, les coups de main continuent. Alain, vite repéré comme le bricoleur de la bande, est sollicité « deux ou trois fois par jour ». Mamilène, elle, s'est improvisée concierge le jour du passage des artisans. « Chacun a des talents qui rendent service à tout le monde, résume Alain. C'est ça, la richesse. »
L'engagement va jusqu'à la coopérative elle-même, puisque Pete et Claudine en sont les coprésidents. Il se prolonge aussi dans les quartiers. À Trévoux, les Trévolutionnaires participent à la table d'hôtes du centre social, qui les a accueillis pour toutes leurs réunions. À Villeurbanne, plusieurs habitants des Bobines s'investissent dans l'association qui cogère le parc voisin. « On ne veut surtout pas vivre en vase clos », insiste Alain.

Repas partagé pendant le chantier des Bobines (Villeurbanne)
Merci !
Cet engagement bénévole est au cœur du modèle d’Habitat & Partage. C'est lui qui permet de créer des lieux de vie qui ressemblent à leurs habitants, de maintenir des loyers accessibles et de faire vivre les espaces communs au jour le jour. À toutes celles et ceux qui ont donné de leur temps, en réunion, sur le chantier, au conseil d'administration ou simplement en dépannant un voisin : un immense merci. Ces deux projets sont les vôtres.

Les habitants de Trévolution (Trévoux)
Envie de vous lancer à votre tour ?
Que vous soyez en famille, en couple, seul ou entre amis, que vous ayez 25 ou 70 ans, que vous rêviez d'un jardin partagé ou simplement de voisins sur qui compter, l'habitat participatif est peut-être fait pour vous. D'autres groupes se forment en ce moment dans la métropole lyonnaise et alentour, et ils cherchent leurs futurs habitants. Rendez-vous sur la page de nos projets en cours pour les découvrir et prendre contact directement avec eux. Qui sait, c'est peut-être vous qu'on interviewera dans quelques années !

